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43. La silicose

Jocelyne Ozenne – Saint-Michel-de-Montjoie

La silicose

Maurice Marie était le père de Jocelyne. Ancien polisseur aux établissements David, à Saint-Michel-de-Montjoie, il est décédé de la silicose. « Il est décédé d'insuffisance respiratoire, ses poumons ne fonctionnaient plus. Il avait 81 ans. Ça l'a pris, bah, un peu comme tous, dans les 75- 76 ans, il a commencé à avoir du mal à respirer. Puis il a été reconnu silicose ». La silicose est une maladie entraînée par l’absorption prolongée de poussières qui obstruent progressivement les voies respiratoires. C’est, d’une certaine manière, la maladie professionnelle des travailleurs du granit.

« Mon papa a commencé sa carrière comme apprenti chez Pierre Danjou, la carrière qui est située sur la route du Gast. Il a été travailler après comme tâcheron à Vire au moment de la Reconstruction. Il faisait du moellon à la tâche. Et, ensuite, il a été embauché aux établissements David avec deux de ses frères : Raymond et Bernard. Ses deux frères étaient granitiers comme lui, plus précisément polisseurs, polisseurs à la main. Ses frères ont fini leur carrière dans le granit mais mon père s'est arrêté en 1970 et a repris l'exploitation agricole avec ma mère, puisque ma maman, elle, tenait une petite ferme en complément. Mais après, il a continué pareil : il allait en tant que tâcheron chez Jean Huet au bourg là, pour faire du polissage ».

Jocelyne se souvient : « Pourtant ils mettaient des masques. Mais bon, ils étaient censés porter des masques... Mais voilà, je pense que non, ils étaient souvent pendus là, hein. Oui ils revenaient, il y avait la marque des yeux. C'est vrai qu'ils revenaient avec le bonnet, à l'époque, tout noir. Ils travaillaient pas mal les pierres noires d'Afrique et tout ça, oui, oui. Parce que c'était souvent poli à la main ça, le Noir d'Afrique. Ils travaillaient à la machine mais ils faisaient aussi ça à la main. Il y avait des superpositions de, ils appelaient ça des briquettes, qu'il fallait positionner les unes sur les autres. Et y’a comme une poussière qui se formait dès qu'ils polissaient. Enfin, y’avait toujours une poussière… ».