Jackie Eude et Joël Fouché – Le Gast / Champ-du-Boult
Défis, tours et anecdotes de carriers
Dans les carrières, les défis entre ouvriers étaient réguliers, prenant souvent la forme de tours de force. Ces paris donnent évidemment prétexte à boire. « Tout était bon pour boire un coup et qu'il y en ait un qui paie une bouteille », raconte Joël.
Jackie poursuit : « Quand j'étais gamin, tu vois, j'avais mon oncle qu'était en pleine force de l'âge, Charles en l'occurrence, ben on faisait des camions de tout-venant, des pavés tu sais pour faire des maisons et tout ça. Et quand y’en avait un qu'était très lourd, c'était à qui allait le lever. Voilà, c'était un pari, quoi… Et c'est comme ça que, maintenant, j'ai le dos en miettes, hein, mais bon… ».
Le sourire en coin, Joël évoque le souvenir de Valentin Eude : « Lui, il était fort de la mâchoire. Donc, ça arrivait dans les cafés ou autre, il disait qu’il était capable de maintenir une bancelle de café, qu’était pas trop large hein, rien qu’avec la mâchoire. Et il gagnait des paris comme ça, une bouteille… Un jour, y’a quelqu’un qui imagine de parier une enclume, c’était peut-être pas une grosse mais, lui, il a relevé le pari. Alors, c’est pas lui qui a pris le premier l’enclume, c’est l’autre. Et effectivement, il avait mis un petit lien aux deux extrémités, il l’a mis dans sa bouche et il s’est relevé avec l’enclume. Et en redescendant, il a abaissé la mâchoire… et ça lui a arraché toutes les dents ! Alors Valentin a dit : "j’ai préféré être privé de ma bouteille…". Et avec des trucs comme ça, ils passaient des soirées entières… ».
Jackie évoque un autre type de tour que se jouaient les ouvriers : « Oh, des bêtises... Ils mettaient un grain de poudre dans une cigarette, hein, et puis quand ça arrivait, ben, la machine, elle éclatait. C'était complètement con parce que s'il l'avait mis à l'envers, il se faisait péter l'intérieur de la bouche. Bon, ils faisaient peut-être attention à lui tourner la cigarette... Ça, c'était chez Peschet, la carrière à Peschet ».